Philippe Diallo (à droite), président de la FFF, interrogé par Paolo Tanzilli (à gauche).
Le président de la Fédération Française de Football (FFF) a accordé un entretien exclusif aux étudiants de l’ISFJ. Dans cette période charnière, il a évoqué son rôle et celui de la fédération, ses enjeux, ses difficultés et l’avenir du football français à l’aube de la Coupe du Monde.
Une fonction aux responsabilités multiples
“Le rôle de président est très intense et très prenant”. Voilà comment Philippe Diallo analyse lui-même son métier de président de la FFF. Après une présentation introductive de Michel Goldstein, journaliste et intervenant à l’ISFJ, il est revenu sur la pluralité de ses missions avec comme objectif de créer un environnement fiscal, économique, écologique et social durable pour le football français, professionnel, mais surtout amateur qui représente une part beaucoup plus importante de licenciés. “Toutes les semaines, plus de quinze millions de personnes sont impactées par mes décisions” déclare-t-il, en comptant les 2,4 millions de licenciés en France, auxquels il faut ajouter leur famille. C’est une fonction d’intérêt général avec une dimension éducative et sociale qui doit permettre aux passionnés de football de devenir des personnes épanouies et des citoyens exemplaires.
Une économie déficitaire qui cherche à se solidifier
Interrogé par Paolo Tanzilli, rédacteur en chef du Club des Médias de l’ISFJ, sur les difficultés financières de la FFF déficitaire cette année à hauteur de 8,5 millions d’euros, Philippe Diallo explique que “c’est une réalité, mais nous nous sommes mis dans une position pour être économiquement solides. Nous venons de renouveler un contrat historique avec Nike, nous avons également conclu un partenariat avec Google, qui ne l’avait jamais fait avec une équipe de foot”. Le président assume aussi la prise de décisions coûteuses, notamment lors de l’organisation du match France-Israël au Stade de France en novembre 2024. Le match a eu lieu devant seulement 12 000 spectateurs dans un contexte extrêmement tendu lié à la situation internationale. De plus, la situation économique des clubs professionnels est extrêmement précaire, si bien que le football amateur a dû apporter une partie de son budget, ce qui n’est jamais arrivé.
Le football français à l’heure des changements
Pour redresser la situation problématique des clubs professionnels (due à une mauvaise exploitation des droits de diffusion depuis la période du Covid), Philippe Diallo est l’instigateur d’une réforme du football français. La Ligue Professionnelle de Football va laisser sa place à un conseil des clubs dans lequel la FFF aura un pouvoir d’intervention. “Je considère que le football français a besoin d’un nouveau projet, d’une nouvelle impulsion. En changeant la gouvernance actuelle qui ne fonctionne plus, nous laissons le soin aux clubs de travailler ensemble pour définir un projet prospère et s’investir dedans”. Interrogé sur la question du successeur de Didier Deschamps en tant que sélectionneur de l’Équipe de France, le président a déclaré en souriant “je connais le nom du prochain sélectionneur, mais par respect pour le staff actuel, il ne sera connu qu’après la Coupe du Monde”. Ce temps d’échange privilégié entre les étudiants de l’ISFJ et le président de la Fédération Française de Football leur a permis de découvrir la complexité et la réalité en France du sport le plus populaire du monde.
