Ludovic Place et des étudiants en direct du plateau de l’ISFJ Paris lors de la Nuit de la Crise.
Dans la nuit du 4 au 5 décembre, les étudiants de deuxième année de l’ISFJ Paris ont relevé un défi digne d’une rédaction professionnelle. Au cours d’un exercice grandeur nature, une grave crise fait trembler l’actualité et les étudiants ont dû tenir l’antenne toute la nuit. En apprenant les différents éléments de la crise au fur et à mesure, ils ont construit des émissions de 4h de direct semblables à celles des chaînes de télévision d’informations en continu.
“L’ISFJ est en ébullition”. Ces mots de Ludovic Place, directeur de l’ISFJ, résument parfaitement la situation. En partenariat avec l’école ESUPCOM, les étudiants apprennent que des joueurs de rugby d’un club de Top 14 sont accusés d’avoir reçu de l’argent de la part d’une autre équipe pour volontairement perdre un match. C’est un scandale de corruption énorme qui éclate dans l’après-midi. C’est alors le branle-bas de combat parmi les élèves de deuxième année. La conférence de rédaction démarre pour lancer au plus vite le premier direct de la soirée. “Il faut trouver des interlocuteurs et les JRI vous partez en reportage tout de suite”. Charlotte, la rédactrice en chef, dirige ses journalistes pour que chacun puisse au plus vite préparer l’émission. À 16h précise, l’antenne est prise. Les chroniqueurs installés autour de Jeanne, la présentatrice, diffusent les informations, jonglent entre reportages, chroniques et débats. Mais rapidement, les premiers aléas du direct arrivent et il faut alors que les étudiants réagissent rapidement, trouvent des solutions et contrôlent leur stress. “Vous êtes là pour vous adapter, c’est le but de l’exercice, ça va bien se passer” les rassure depuis les coulisses Nicolas Dendri, le journaliste professionnel qui les encadre. Grâce à un plateau télé spécialement créé pour l’événement, la liaison entre la présentatrice et les JRI sur le terrain est parfaite. Elle offre même un moment fort lors de l’arrestation en direct du responsable de cette corruption, le tout filmé de près par des étudiants. “Une scène largement diffusable sur une vraie chaîne d’info” selon Nicolas Dendri. Les deux premières heures de direct s’achèvent et une nouvelle équipe prend le relais. Ce roulement durera toute la nuit, jusqu’au lendemain 10h, parce que la crise ne s’arrête pas pour dormir.
“Ils avaient des doutes et une fois pris au jeu, l’expérience était fantastique”
Jeanne enlève son micro et s’assoit pour faire redescendre la pression. “J’ai le cœur qui bat fort, mais je suis contente d’être aller au bout” souffle-t-elle en souriant, “il y a eu beaucoup de moment où j’étais pétrifié, surtout lorsque je me suis rendu compte que le conducteur ne nous permettrait pas de tenir les deux heures et qu’il faudrait meubler. Mais je n’arrêtai pas de penser “il ne faut pas que l’émission s’arrête”, et donc je me suis adapté”. Ce sentiment est partagé par tous les étudiants qui se sont succédé au cours de la nuit. L’adrénaline leur a permis de se surpasser et de se confronter à un exercice inédit et difficile. Ilias Grandjean, journaliste en charge de l’équipe de nuit, déclare “j’ai été très agréablement surpris. L’exercice est très compliqué. Tenir l’antenne aussi longtemps sachant qu’ils apprennent les éléments au fur et à mesure, c’est très impressionnant. Ils avaient un peu sous-estimé la charge de travail en amont mais ils ont pris la mesure de l’événement une fois que le direct a commencé”. À 10h, l’ISFJ Lille reprend l’antenne et félicite les équipes de Paris pour leur travail. La satisfaction se lit sur les visages fatigués des étudiants lors du débrief final. “Cette première édition de la Nuit de la Crise est une grande réussite”, conclut Ludovic Place, “ils avaient des doutes et une fois pris au jeu, l’expérience était fantastique. Ce n’était pas évident pour des deuxièmes années. Chacun a gagné en une journée, les compétences de plusieurs mois d’apprentissage. J’ai été très surpris dans le bon sens du terme. Les erreurs ont alimenté l’exercice car il leur a fallu trouver des solutions, autant journalistiquement que techniquement. La tension était inévitable mais l’esprit d’équipe a pris le dessus. Bravo à eux”. La crise est passée et l’antenne, elle, a tenu pour que l’information continue. Toujours.
