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Quels sont les différents types de régimes politiques ?

Actualité publiée le 13 juillet 2023

On a pour habitude de distinguer en grandes catégories les régimes politiques du monde entier en fonction de l’articulation qui existe entre le chef de l’État et les institutions, ainsi que du degré de liberté accordé aux populations et leur rôle dans le fonctionnement du gouvernement. Comprendre ces différents régimes politiques est essentiel pour un futur journaliste qui peut être amené à se déplacer vers des pays qui ne lui accordent pas les mêmes libertés que d’autres. 

Visuel - types de régimes politiques

Régime politique : le concept 

La notion de régime politique concerne la manière d’organiser les pouvoirs publics qui régissent une société. Il s’agit de déterminer le mode de désignation des dirigeants, leurs compétences et de définir les rapports qui existent entre les divers pouvoirs en place (administratif, juridique, militaire, etc).

La mise en place des régimes politiques actuels est, pour l’Europe notamment, le fruit d’une longue histoire et de multiples réflexions. Ils proviennent de sources écrites, comme la Constitution et de sources traditionnelles (la coutume, l’histoire du pays, son idéologie, etc).

Attention, tous les différents types de régimes politiques ne sont pas démocratiques. On définit une démocratie par la présence d’une pluralité de partis politiques sur l’échiquier public et d’une large liberté de choix offerte aux citoyens dans la prise de décision. Par ailleurs, une démocratie est caractérisée par la séparation des pouvoirs gérant le pays : législatif, exécutif et judiciaire. Ainsi, il existe plusieurs types de régimes démocratiques. Ils varient en fonction du genre de collaboration qui est privilégiée entre les différents pouvoirs.

Dans les régimes démocratiques, la séparation des pouvoirs peut être horizontale, mais également verticale (États centralisés et États fédéraux). 

 

Zoom sur les quatre grands différents types de régimes politiques démocratiques 

Traditionnellement, il existe quatre grands types de régimes politiques : le régime d’assemblée, le régime parlementaire, le régime présidentiel et le régime mixte. 

 

Le régime d’assemblée 

Dans le régime d’assemblée, tous les pouvoirs découlent de l’élection d’une assemblée au suffrage universel direct. Cette même assemblée choisit des comités qui exercent des fonctions exécutives ou judiciaires. Il s’agit d’un type de régime politique dans lequel les pouvoirs sont confondus et le législatif est quasi-omnipotent. En pratique, le régime d’assemblée a souvent été mis en place temporairement afin d’élaborer une Constitution, comme ce fut le cas de la France lors de la Convention (1792-1795). 

 

Le régime parlementaire 

Dans le régime parlementaire, la séparation des pouvoirs est plus stricte et des mécanismes de régulation sont mis en place en cas de désaccord entre le pouvoir exécutif et les assemblées parlementaires. Dans ce type de régime, l’exécutif est dissocié en deux entités : le chef de l’État et le Gouvernement. Pour exister, le Gouvernement a besoin de la majorité parlementaire. Quant au chef de l’État, il garantit la continuité étatique mais ne participe pas à l’exercice du pouvoir (son rôle se borne à nommer le chef du Gouvernement).

Dans le régime parlementaire, le chef de l’État est en principe irresponsable, puisqu’il n’a pas de rôle à jouer. Ses actions doivent donc être contresignées par les membres du Gouvernement pour être valides. C’est par conséquent le chef du Gouvernement et ses ministres qui conduisent la politique nationale et sont contrôlés par les assemblées parlementaires.

C’est donc un type de régime politique qui nécessite une étroite collaboration entre les deux entités détentrices du pouvoir, qui ont chacune un droit de dissolution. C’est, par exemple, le régime politique choisi par le Royaume-Uni. 

 

Le régime présidentiel 

Le régime présidentiel a été mis en place initialement aux États-Unis en 1787. Il est défini par une stricte séparation des pouvoirs. Dans cette organisation politique, le législatif a le monopole de l’initiative et du contrôle de la procédure d’édiction des lois. Le pouvoir exécutif, élu au suffrage universel, dispose d’une légitimité forte qui l’empêche d’être renversé. Quant au pouvoir judiciaire, ses prérogatives sont suffisamment importantes pour garantir son autonomie.

Dans ce type de régime, le Président dispose d’une forte légitimité, puisqu’il est directement élu par ses concitoyens. Il peut nommer et révoquer les ministres et a pleine autorité sur eux. À la fois chef de l’État et du Gouvernement, ce sont les assemblées qui peuvent mettre en cause sa responsabilité politique. Le Président n’a, toutefois, que très peu de moyens à sa disposition pour contrer le pouvoir des assemblées (il ne dispose, par exemple, que d’un droit de véto si un texte législatif ne lui convient pas).

Ainsi, dans les régimes politiques de type présidentiel, les assemblées parlementaires ont des prérogatives larges et solides de législation et de contrôle. Elles votent les lois et peuvent mettre en œuvre d’importants moyens d’investigation sur le fonctionnement des services de l’exécutif. 

 

Le régime politique mixte 

C’est, typiquement, l’exemple de la Ve République française. Dans ce type d’organisation politique, on retrouve des traits marquants du régime résidentiel. Le chef de l’État est élu au suffrage universel direct et constitue de manière autonome son Gouvernement. Il existe aussi des caractéristiques du régime parlementaire, puisque le Chef du Gouvernement est différent du Chef de l’État.

Les moyens d’action des diverses entités politiques sont larges et supposent donc qu’il existe des accords entre le chef de l’État et la majorité parlementaire. Le chef du Gouvernement peut voir sa responsabilité mise en cause par l’Assemblée nationale. Si aucune entente n’est trouvée, le régime mixte prend un aspect parlementaire : le Président doit céder la priorité du pouvoir politique au Premier ministre. Dans le cas de la Ve République en France, on appelle cette situation la « cohabitation ». 

Visuel - types de régimes politiques

Comment définir un régime politique liberticide ? 

Ces quatre grands types de régimes politiques sont caractérisés par la liberté de choix dévolue aux citoyens. Libres, ils jouissent de nombreux droits (liberté d’expression, de réunion, etc) et interviennent directement dans la vie politique de leur pays. Dans les démocraties, ce sont eux qui peuvent renverser le pouvoir en place, épaulés des institutions garantes de leur liberté et de leurs droits.

Les gouvernements autoritaires sont dits « liberticides » lorsqu’ils ne garantissent pas à leurs citoyens le respect des droits fondamentaux de l’être humain. Dans ce type de régime politique, le pouvoir est généralement concentré dans les mains du Chef de l’État ou les diverses assemblées sont contrôlées par lui (officiellement ou discrètement).

Il existe alors des dictatures militaires (comme la Corée du Nord), religieuses (c’est le cas de l’Iran) ou de droit divin (comme la monarchie de l’Arabie Saoudite). Attention, certaines démocraties peuvent prendre un aspect totalitaire, comme la République Démocratique de Chine, lorsqu’un seul individu incarne seul la volonté du peuple sans permettre l’existence d’un véritable contrepouvoir.

Dans ce type de régime politique, il est extrêmement difficile de faire entendre sa voix et certains métiers, comme celui de journaliste, sont même considérés comme risqués. Il est donc important que les étudiants souhaitant devenir journalistes apprennent à comprendre les mécanismes des différents types de régime politique, afin de poursuivre leurs missions professionnelles tout en garantissant leur propre sécurité.

L’ISFJ propose un parcours Journalisme très complet qui permet à ses étudiants sortants de traiter de tous les sujets, comme des différents types de régimes politiques, sans risquer de faire de confusions.

Connaître en détail les mécanismes des différents types de régimes politiques de par le monde est un prérequis incontournable pour tout journaliste sérieux et une compétence essentielle des professionnels spécialisés en géopolitique.

Poursuivre en Mastère : deux nouvelles spécialisations disponibles

Actualité publiée le 6 juillet 2023

Après trois années de formation au journalisme multithématique (Bachelor), l’ISFJ propose de poursuivre son cursus en Mastère qui, dès la rentrée 2023-2024, propose deux nouvelles spécialisations : sport et informations générales. 

Visuel - spécialisations mastère

Présentation : le Mastère journalisme 

Riches de leurs trois années de formation de Bachelor, de nombreux étudiants souhaitent poursuivre leurs études : pour parfaire leurs connaissances et prendre le temps d’enrichir un peu plus leurs carnets d’adresses et leur cercle professionnel. C’est pourquoi l’ISFJ propose son Mastère journalisme. 

À première vue rien de bien nouveau. À une exception près : cette fois-ci, le Mastère promotion 2023-2024 permet de se spécialiser dans son domaine de prédilection : sport, informations générales, investigation, culture, mode, ou people.

En plus des nombreux acquis théoriques, ce Mastère permet de se former en pratique puisque ses deux années se déroulent entièrement en alternance. Une façon très efficace de tester ses capacités en direct dans le milieu professionnel. Et en plus de l’alternance, le Mastère ISFJ propose des sessions qui forment les étudiants tant à la télévision qu’à la radio, les podcasts, la presse écrite et la presse digitale.

À la fin de son Mastère, le diplômé de l’ISFJ saura entre autres : traiter des sujets d’actualité et des sujets de fond sur tous les supports médiatiques, respecter l’éthique et la déontologie journalistique, diriger une équipe de rédaction, présenter et produire des émissions télévisées, radio ou web. 

 

Spécialisation 1 : journalisme de sport 

Comme pour tous les métiers rattachés de près ou de loin au journalisme, cette filière nécessite d’être un véritable passionné. Il faut savoir se tenir informé des dernières actualités de chaque branche sportive, en connaître les enjeux, en quoi telle ou telle décision peut impacter un match, … Se tenir au courant des controverses, et savoir rapporter les témoignages des deux parties afin d’offrir un regard objectif d’un fait avéré.

Pour ce qui est du programme de la spécialisation journalisme de sport, vous serez amenés à faire des :

  • Reportages avant-match / match in situ / coulisses d’un club
  • Interviews « bord de terrain » (sportif, entraîneur, président de club…)  
  • Commentaires sportifs  
  • Magazines TV 100% sport et web radio  
  • Articles de presse digitale sportive 
  • Portraits de sportifs  
  • Photos sur le vif de sportif en action, du photo-journalisme 
  • Revues de presse 

Ainsi qu’à étudier des matières essentielles comme :

  • L’économie du sport 
  • La culture du sport 
  • Le sport en anglais 
  • L’analyse de l’actualité sportive 
  • L’analyse de la presse magazine sportive  
  • Les nouveaux outils du web 

 

Spécialisation 2 : journalisme d’informations générales

En 4ème année, cette spécialisation a pour but de former des journalistes multimédias de très haut niveau : ils sont prêts à gérer une rédaction ou une équipe de tournage, peu importe le sujet couvert. Cette formation permet également de revenir sur l’acquisition des fondamentaux : presse écrite et digitale, journalisme mobile (MOJO), radio et télévision. 

En 5ème année, les étudiants en journalisme d’informations générales peuvent de nouveau choisir, entre deux options cette fois. 

Culture / mode / people 

Pour cette option aussi, les étudiants se doivent d’être de véritables passionnés. Leur culture générale et leur culture de l’actualité ne doivent pas connaître de limites. Ils doivent se nourrir d’un maximum d’informations pour pouvoir les mettre en commun et offrir des angles originaux sur des sujets couverts par plus d’un collègue : le journalisme est un milieu compétitif, il faut savoir se démarquer. Pour cela, les étudiants de l’option culture / mode / people sont accompagner par de nombreux modules théoriques et pratiques :

  • Analyse de la presse culturelle  
  • Presse culture / mode / people en anglais  
  • Magazine transmédia  
  • Culture générale  
  • Étude des plus grands scoops de l’Histoire 

Investigation

Le journaliste d’investigation doit avoir le goût de la vérité, mais aussi et surtout, le goût d’enquêter. Plus qu’une simple formation, il s’agit d’un mode de vie. Les étudiants doivent pouvoir s’investir à 100% dans leurs sujets, de la même façon qu’ils s’investiront à 100% dans leur futur métier. Il s’agit d’une branche extrêmement difficile dans le journalisme, il faut être très impliqué dans son investigation, tout en réussissant à garder un état d’esprit objectif et un œil journalistique. Cette option apporte de nombreuses connaissances pratiques et théoriques, soulignées par la modalité de l’alternance. Au programme : 

  • Techniques d’investigation  
  • Analyse de la presse d’investigation  
  • Investigation en anglais  
  • Enquêtes  
  • Réalisation de contenus audiovisuels en mode MOJO (journalisme mobile) 

Visuel - spécialisations mastère

Pourquoi il est important de se spécialiser en journalisme ? 

Avec le développement rapide, et surtout toujours plus poussé, des nouvelles technologies, un journaliste ne peut plus se contenter de rester généraliste. Il faut qu’ils se spécialisent dans le but d’acquérir une expertise pointue de leur domaine. Qu’ils puissent y apporter un œil professionnel, journalistique, et surtout, plus humain que n’importe quelle machine.

En devenant un expert, le journaliste sait être rapide et déterminer avant quiconque la probabilité qu’une information soit vraie ou non. Sans remplacer une preuve concrète, cet instinct aiguisé par les années de pratique, permet d’obtenir en exclusivité (car plus rapide que les autres journalistes) certaines informations.

De plus, un journaliste expert dans un domaine peut plus facilement travailler dans une rédaction ou au sein d’un média spécialisé. Il est une véritable force de proposition et d’expertise, il sait aussi comment rendre son sujet facile d’accès pour le grand public mais également de quelle façon s’adresser aux professionnels de ces secteurs. 

 

Débouchés 

Après un Mastère à l’ISFJ, les étudiants pourront accéder à de nombreux postes comme :

  • Journaliste rédacteur 
  • Journaliste web 
  • Correspondant local et à l’étranger 
  • Journaliste Reporter d’Images Monteur (JRI-M) 
  • Rédacteur en chef 
  • Journaliste présentateur flashs radio et JT TV 
  • Journaliste mobile (MOJO) 
  • Journaliste de mode 
  • Journaliste culture 
  • Journaliste de sport 
  • Journaliste people 
  • Journaliste d’investigation

Être femme et journaliste : le bras de fer du XIXe siècle

Actualité publiée le 3 juillet 2023

L’histoire du journalisme est peuplée de figures aussi emblématiques qu’oubliées du grand public. Et pourtant, c’est bien à eux qu’on doit la transmission de l’information telle qu’on la connaît aujourd’hui.C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne les toutes premières femmes journalistes. Parce que oui, être une femme de lettres au XIXe siècle… on a fait plus simple. Mais heureusement, certaines se sont illustrées et ont ouvert la voie aux futures générations. Retour sur leurs parcours.   

Visuel - femmes journalistes

Le journalisme, à ses débuts 

Officiellement reconnu comme “un vrai métier” vers la fin du XIXe siècle, le journalisme est de plus en plus prisé. C’est un métier convoité, à l’aspect romantisé mais également un mode de vie parfois dangereux et solitaire. Le tout premier hebdomadaire est fondé en Angleterre presque un siècle plus tôt. En France, le Petit Parisien publie son premier article journalistique en 1918. C’est d’ailleurs cette année-là qu’est rédigée la toute première charte des devoirs des journalistes, complétée par la suite en 1971. Il s’agit de la Charte de Munich : elle est adoptée depuis par la grande majorité des syndicats de journalistes français, et fait autorité au sein de la profession. 

Les premiers journaux radio sont eux créés en 1921. Mais c’est bien la presse écrite qui fait loi. Elle connaît un véritable âge d’or. La raison ? Elle est en plein essor. Innovation dans le domaine de l’imprimerie, des moyens de transports toujours plus rapides pour aller enquêter sur le terrain, un réseau de sources qui s’étend d’année en année : le journalisme gagne la confiance du public est éveille de nouvelles vocations, notamment pour les femmes. 

 

Les femmes et la presse  

Comme au sein de nombreux métiers, les portes s’ouvrent moins facilement aux femmes. Et pourtant, dès le XVIIIe, certaines femmes dirigent leurs propres feuilles de périodique. Et d’ailleurs, le monde des lettres ne manque pas de femmes célèbres (qu’elles soient journalistes ou auteures) : Delphine de Girardin, George Sand, Colette, Titaÿna... 

Mais alors, pourquoi étaient-elles si minoritaires dans les rédactions ? La raison est simple, le journalisme – comme presque tous les métiers du XIXe siècle – ne reconnaissait presque qu’un seul type de profils : des hommes, ayant de nombreux contacts dans les milieux politiques, une très belle plume et suffisamment vadrouilleurs pour se rendre sur n’importe quel lieu d’enquête.  

Loin de se laisser remisées dans d’autres corps de métiers, les femmes rivalisent d’imagination pour s’infiltrer dans la presse (et devenir indispensables) : invention de nouvelles pratique journalistiques, des styles d’écriture toujours plus étonnants (qui passent par la fiction, la narration, …), elles arrivent même à obtenir l’exclusivité sur certains sujets de société. 

 

Les premières femmes journalistes 

Elles ont chacune participé à leur façon à imposer les femmes dans le monde journalistique. Avec l’ISFJ :focus sur les parcours, de trois femmes dont les noms inspirent encore aujourd’hui. 

Robertine Barry 

C’est une figure marquante dans l’histoire du journalisme. Robertine Barrya laissé une empreinte indélébile pour les nombreux combats féministes qu’elle a menés, notamment au sein de la presse. Née au Canada à la fin du XIXe siècle, elle brave les conventions sociales pour devenir l’une des premières femmes journalistes du pays. Robertine Barry était une fervente défenseure des droits des femmes et de l’égalité des sexes, elle utilisait sa plume pour donner une voix à celles qui étaient marginalisées. Elle a d’ailleurs fondé et dirigé son propre journal : « Le Coin du feu« , dédié aux préoccupations des femmes canadiennes. Son travail a ouvert la voie à une représentation plus juste des femmes dans les médias et à faire évoluer les mentalités. 

Nellie Bly 

Nellie Bly est une icône incontournable du journalisme. Elle a tenu un rôle pionnier dans le journalisme d’investigation. Au XIXe siècle, elle brave les stéréotypes de genre et devient l’une des premières femmes reporters d’investigation. Sa détermination et son audace la conduisent à réaliser de nombreux exploits, jusqu’alors impensables pour une femme. À titre d’exemple : elle est la première femme à réaliser un voyage autour du monde en 72 jours, sans être accompagnée. Elle réalise aussi des reportages sur les conditions de vie dans les asiles psychiatriques et les usines. Elle met en exergue les injustices et les abus de pouvoir, ses papiers contribuent à la mise en place de grandes réformes. Aujourd’hui encore, ses travaux continuent d’influencer les journalistes. 

Julie-Victoire Daubié 

Elle est elle aussi une figure remarquable chez les toutes premières femmes journalistes. Née à la fin du XIXe siècle en France, elle a fondé et dirigé « La Fronde« , le premier journal féministe en France. Elle offre ainsi une tribune pour les voix des femmes longtemps ignorées. Julie-Victoire Daubé aborde des sujets tels que l’égalité des sexes, les droits des femmes et l’accès à l’éducation : elle promeut l’émancipation féminine. Elle milite également activement pour le droit de vote des femmes, et plaide pour une société plus juste et égalitaire. Son courage et sa détermination ont inspiré de nombreuses femmes à s’engager dans le journalisme et à se battre pour leurs droits. 

Médias indépendants : masterclass avec Raphaël Garrigos

Actualité publiée le 29 juin 2023

Grâce aux masterclass ISFJ, les étudiants ont l’occasion de découvrir (ou redécouvrir) les nombreuses facettes du métier de journaliste. Un intervenant, un thème abordé. Entre moments d’échanges et moments de questions-réponses, les anecdotes de parcours ne manquent pas. Retour sur la masterclass de Raphaël Garrigos : le lancement d’un média indépendant. 

Visuel - masterclass médias indépendants

Rencontre avec Raphaël Garrigos 

Une masterclass à l’ISFJ, définition expresse : un intervenant, un thème et des étudiants pour poser des questions. En compagnie de Raphaël Garrigos, le thème est déjà tout trouvé : les médias indépendants. Ce que c’est, pourquoi ça existe et quels sont leurs revendications. Mais, avant de trouver le “quoi” et le “pourquoi”, il faut d’abord se pencher sur le qui. Et ici la question est : qui est Raphaël Garrigos ?

Un journaliste, oui, mais pas que. Il est le directeur de la rédaction mais aussi rédacteur en chef chez Les Jours. Noncontent de ces deux premiers rôles au sein de ce média, il en est aussi le co-fondateur. Avec d’anciens collègues du journal Libération, il fonde Les Jours en 2016.Il s’agit d’un site payant, sans publicités et détenu à 70% par les 9 associés du média. Le reste est détenu par des abonnés et des investisseurs. L’ambition première ? La même que celle de tout journaliste : traiter les questions de fond des sujets qui font l’actualité. Mais attention, avoir le même objectif ne veut pas dire faire comme tout le monde. Les Jours traite l’actualité grâce à une série d’articles, les “Obsessions”.

La cerise sur le gâteau ? Le média est un véritable succès et gagne sa popularité sans même utiliser de publicités. Mieux encore, près de la moitié des lecteurs ont moins de 35 ans. Cette audience est même paritaire. Toucher autant de lecteurs différents, c’est toucher une cible large qui permet d’explorer tous les thèmes. Autre point important à connaître au sujet de Les Jours : à ses débuts, le média s’est monté grâce à un financement participatif. En une semaine, il récolte 50 000 euros, et en fin de campagne, le chiffre s’élève à 80 000 euros. 

Qu’est-ce qu’un média indépendant ? 

Un média indépendant, c’est une rédaction qui garantit de respecter le droit fondamental dans l’univers du journalisme : la liberté de la presse. En entrant dans un média indépendant, les journalistes sont assurés d’enquêter et de diffuser sans avoir à se soucier d’interruptions ou d’interférences dans leur travail (du moment bien sûr que chaque information donnée ai été vérifiée et que la source soit protégée). En effet, il n’est pas rare que certaines rédactions se voient parfois restreintes dans leurs papiers parce que le propriétaire a tel ou tel ami qui refuse un papier trop incisif sur son entreprise.

Pour résumer, l’indépendance d’un média est confirmée quand un journal, une radio ou même une chaîne TV sont imperméables à la censure d’amis ou d’autres sociétés du propriétaire. Que ce média ne cède ni à des ministères, ni à des entreprises tierces. Dans un média indépendant, chaque conférence de rédaction, chaque sujet abordé, chaque angle traité… Tout est décidé et réaliser par le média, sans droit de regard accordé à une personne extérieure à la rédaction.

D’ailleurs, la revendication officielle d’une indépendance des rédactions n’a lieu qu’en 2007, en France. Ce sont les syndicats majeurs du monde journalistique (le SNJ, le Syndicat national des journalistes CGT, l’Union syndicale des journalistes CFDT, le Syndicat général des journalistes FO et la SJ-CFTC) qui en font la démarche, juste après l’élection du président Nicolas Sarkozy. 

Visuel - masterclass médias indépendants

Quels sont les médias indépendants français ?

Puisque l’on sait maintenant ce qu’est un média indépendant, il est bien plus simple de la reconnaître. C’est la mission que s’est donné L’Âge de faire, un média mensuel : dresser une carte complète des médias indépendant (ou de la “presse pas pareille” comme ils le disent), en France. En ne sélectionnant que ceux qui répondent à des critères bien précis. Ces médias doivent :

  • Essentiellement produire du contenu écrit (sur papier ou en ligne)
  • Ne pas appartenir à un groupe industriel, financier, politique, syndical et/ou religieux
  • Être détenus par leurs salariés, leurs lecteurs et/ou une association
  • Les professionnels comme les bénévoles doivent mener une vraie démarche informationnelle, sans ne faire qu’exprimer une opinion. Ils doivent mener une véritable analyse des sujets.
  • Ils sont favorables à une société plus juste, sans exclusions ou catégorisations.
  • Pas plus de 10% de publicité dans leurs pages ! 

Les Jours passe sans soucis ces critères et figure sur la carte au même titre que : Le Canard enchaîné, Regards, Reporterre, Politis, Basta, ou La gueule ouverte pour la région parisienne mais aussi Le Ravi, Le Sans Culottes, Far Ouest, Noctambule, et bien d’autres en provinces.  

Visuel - masterclass médias indépendants

Carte des médias indépendants en France | ©L’Âge de faire

 

 

Et à l’international ?

Bien évidemment, la France n’est pas le seul pays à avoir ses médias indépendants. L’Angleterre, les États-Unis, la Suisse, l’Allemagne, … Ils ont tous leurs propres médias indépendants.

Au 20e siècle en Angleterre, Scott Russel (le propriétaire du célèbre Guardian), cède le média à ses fils. Ceux-ci, pour s’assurer de conserver l’indépendance du journal, décident qu’à la mort de l’un deux, alors l’autre devrait lui racheter ses parts. 

Direction les États-Unis maintenant, où les quotidiens comme le New-York Times peuvent faire appel à des actionnaires financiers qui acceptent de ne pas intervenir dans la ligne rédactionnelle du journal, par respect pour le travail des journalistes. Ils se contentent donc d’acheter des actions, mais sans droit de vote.

En Allemagne, les rédactions sont indépendantes dès 1970 grâce à l’hebdomadaire Der Spiegel. La rédaction peut enfin élire son directeur. (D’ailleurs en France, ce statut a servi lors de l’après-guerre, Le Monde et Libération étaient alors des médias indépendants, mais les deux quotidiens y ont renoncé en 2005 pour des causes financières, entre-autre).

En Suisse romande, les journalistes mettent en place une convention collective à base de chartes rédactionnelles et d’organes de dialogue (souvent composés de la rédaction, s’ils sont assez nombreux). Le but ? Laisser les journalistes désigner eux-mêmes les délégués chargés de les représenter. 

Journalisme 2023 : état des lieux

Actualité publiée le 20 juin 2023

Être journaliste, mode d’emploi. Règle numéro 1: être à la page. Se tenir informé des dernières actualités, des derniers enjeux sociétaux et, oui aussi, des toutes dernières évolutions de son secteur d’activité. Surtout quand il s’agit d’un métier aussi mouvant. Journalisme 2023 : tour d’horizon. 

Visuel - état des lieux journalisme 2023

État des lieux

Le journalisme aujourd’hui, on en est où ? Jusqu’ici rien de bien surprenant : l’année 2023 continue sur la lancée du numérique avec la montée en puissance des réseaux sociaux, des médias pur player (c’est-à-dire uniquement présents sous un format digital) mais aussi et surtout des intelligences artificielles. Alors que les grands acteurs du numérique changent de propriétaires (on pense notamment à TF1 et à son nouveau directeur général), le Baromètre du Numérique annonce 92% d’internautes connectés à Internet, et plus de 82% d’utilisateurs quotidien.  

D’ailleurs, comme tous les ans, le Festival international du journalisme 2023, a abordé sept thèmes majeurs de l’actualité médiatique :

  • La révolte des femmes en Iran
  • Les menaces qui pèsent sur la démocratie
  • La santé mentale
  • Les métamorphoses du rugby
  • L’intelligence artificielle
  • Le rôle de l’audiovisuel public
  • La fatigue informationnelle (pandémie, montée du risque climatique, guerre en Ukraine, réforme des retraites) 

 

Chiffres clefs des médias en France

Les Français et le numérique 

Le journalisme évolue au même rythme que la société. S’il se numérise de plus en plus aujourd’hui, c’est avant tout parce que la société se digitalise elle aussi. Preuve à l’appui avec ces quelques chiffres du Baromètre du Numérique 2023, publié par l’Arcep.

  • Plus de 9 Français sur 10 sont connectés à Internet.
  • 87 % des Français possèdent un smartphone
  • 58 % des Français déclarent ne pas pouvoir se passer d’Internet plus d’une journée sans que cela leur manque. Les 3 services qui manqueraient le plus seraient : lesmails, les réseaux sociaux et les démarches administratives en ligne.
  • La multiplication des équipements électroniques au sein du foyer et le développement des usages numériques se sont poursuivis sur l’année 2022 : les taux d’équipement en smartphones et objets connectés progressent encore.
  • 75% des Français écoutent la radio ou des contenus audio (podcasts ou musiques) en direct ou à la demande 

Néanmoins, la presse écrite se porte encore bien. Récemment, Ouest France a partagé a recensé

  • 62% des Français lisent un journal chaque jour.
  • Un peu moins des 2/3 des Français (62%) lisent au moins un titre de presse chaque jour. 
  • La grande majorité de la population (95%) déclare lire au moins un titre par mois. 

Top 10 des quotidiens qui font le plus d’audience 

Avec son étude One, Audipresse a classé en millions de lecteurs les taux d’audience des 10 quotidiens en tête de classement en France :

  1. 20 Minutes : 4 353 000 lecteurs
  2. Métro : 2 804 000 lecteurs
  3. Direct Matin National : 2 686 000 lecteurs
  4. Ouest-France : 2 539 000 lecteurs
  5. Le Parisien – Aujourd’hui en France : 2 537 000 lecteurs
  6. L’Equipe : 2 175 000 lecteurs
  7. Le Monde : 1 861 000 lecteurs
  8. Direct Matin Ile-de-France : 1 584 000 lecteurs
  9. Le Figaro : 1 233 000 lecteurs
  10. Le Dauphiné : 991 000 lecteurs 

Le chiffre bonus 

Les premières demandes de carte d’identité des journalistes professionnels continuent de progresser avec 1.950 primo-demandeurs en 2022, selon les données de la CCIJP. 

 

Quelles tendances pour le journalisme de 2023 ?

Twitter toujours d’actualité 

Outil phare de la palette journalistique, Twitter est très utile pour trouver toutes sortes d’informations : veille médiatique, recherche de nouvelles sources, de témoignages, d’angles et de sujets originaux ou encore peu travaillés. Jusqu’ici, aucun autre réseau social n’arrive à faire remonter les informations aussi vite, à chaud. 

TikTok sur la pente montante 

Cette fois-ci ça y est, même les médias les plus connus s’installent sur TikTok : Brut, Le Parisien, Konbini, Arte, CNews, BFM… C’est l’occasion idéale de mettre en place de nouveaux types de contenus. Les classiques images accompagnées d’une voix off prennent un tout autre tournant en adoptant les codes de la plateforme. Non seulement, ces nouveaux formats permettent de toucher une toute nouvelle audience, mais également de donner une nouvelle visibilité aux journalistes qui peuvent interagir en direct dans les commentaires. 

Les médias gratuits 

Là non plus rien de nouveau à l’horizon. Les Français se tournent de plus en plus vers les presses et médias gratuits. Pourtant de plus en plus, les presses web tentent de mettre en place des abonnements payants pour avoir accès à la totalité de leur contenu. Il en va de la survie des groupes médiatiques privés. Un service 100% gratuit rend extrêmement difficile la rémunération des journalistes. 

Intelligence artificielle 

Comment parler du journalisme en 2023 sans zoomer sur les logiciels d’intelligences artificielles ? Certaines, comme Chat GPT, inquiètent le grand public quant au futur des rédacteurs presse. De leur côté, les journalistes sont unanimes : l’IA ne sera jamais qu’un outil, elle ne pourra pas remplacer une rédaction. En plus de connaissances limitées dans le temps (2021 pour Chat GPT), une intelligence artificielle ne pourra pas accomplir de reportage sur le terrain, qu’il soit écrit ou filmé. En revanche, l’IA peut aider à trier des informations ou recenser de nouvelles sources. 

Journalisme de sport 

Avec l’arrivée des Jeux olympiques à Paris, le journalisme de sport français est en pleine ébullition. Les rédactions, les radios et les chaînes TV multiplient les offres d’emplois pour se préparer au mieux à envoyer un maximum d’yeux et d’oreilles pour transmettre les résultats et temps forts de chaque match et chaque compétiton. En plus des offres en CDI et CDD, ces médias sportifs proposent également des offres de stage et d’alternance. C’est dans ce cadre propice au développement que l’ISFJ ouvre sa toute nouvelle spécialisation disponible en Mastère : Journalisme de Sport. 

Quelles sont les missions d’un journaliste web ?

Actualité publiée le 16 juin 2023

Le journaliste web endosse des missions centrales pour le développement de sa rédaction journalistique en ligne. Son travail, analogue à celui d’un professionnel de la presse écrite, se caractérise par son très haut niveau d’expertise, sa qualité rédactionnelle et son apport de fonds. Le journaliste web travaille cependant dans un environnement spécifique, ce qui influe sur ses modalités d’exercice et ses méthodes. Alors, quelles sont les missions du journaliste web ? 

Visuel - missions journaliste web

Journaliste web : des missions journalistiques 

Les missions du journaliste web sont très proches de celle de son homologue qui travaille pour la presse écrite. En effet, il s’agit d’un journaliste à part entière qui s’est spécialisé dans les publications journalistiques en ligne. Il travaille donc en interne, comme employé d’une rédaction ou en tant qu’indépendant. 

Comme tous les autres journalistes, il a pour mission principale de rapporter l’information en garantissant des propos véridiques, viables et basés sur des sources sûres. Le journaliste web va donc lui aussi effectuer un travail d’enquête journalistique avant de rédiger ou de publier ses productions. Il se doit, dans le cadre de ses missions, de respecter les principes de l’éthique journalistique et de se soumettre à un devoir d’objectivité. 

Le journaliste web endosse aussi une mission de mise en forme, c’est lui qui élabore son contenu qu’il s’agisse d’un article écrit, d’une vidéo, d’une interview, etc. S’il travaille pour une webradio ou qu’il propose un podcast, le journaliste spécialisé de l’information en ligne doit adopter une diction intelligible et professionnelle. Il est donc doté d’une excellente culture générale et d’un grand esprit critique. 

Il peut aussi se spécialiser et endosser des missions de haut vol, au même titre que les journalistes qui travaillent au sein de la presse sportive, scientifique ou culturelle. Dans ce cas de figure, il participera aux événements de son secteur (rencontre sportive, vernissage, etc). Si le journaliste web est employé comme chroniqueur ou éditorialiste d’une rédaction online, il pourra donner son point de vue au même titre que les professionnels qui exercent via les médias classiques. 

Le journaliste web peut exercer dans le service digital d’un journal papier à grande audience. En effet, les grandes rédactions historiques proposent leurs publications au format numérique afin de s’aligner sur les attentes des lecteurs d’aujourd’hui : disponibilité immédiate, lecture sur smartphone, notifications, etc. Contrairement à la croyance encore trop répandue, ces propositions en ligne ne correspondent pas à des contenus « au rabais » mais bien à des articles qui respectent les standards qualitatifs de la rédaction. Parfois même, le contenu en ligne réservé aux abonnés est le même qu’en journal papier. 

 

Spécificités des missions du journaliste web 

Le journaliste web est le relais d’une information viable et travaille comme les journalistes de presse écrite. Néanmoins, il est confronté à des dynamiques et à des problématiques spécifiques à la presse en ligne. En effet, chaque rédaction web a un public cible, le journaliste doit proposer un contenu différent en fonction de son audience, tout en respectant la ligne éditoriale de son journal. 

Sa mission est d’assurer un maximum d’audience en ligne pour ses écrits et son journal. Ainsi, le journaliste web, s’il n’est pas impacté par des contraintes de bouclage, doit réussir à écrire des articles optimisés pour Internet tout en veillant à leur qualité rédactionnelle et à leur fond journalistique. 

Le journaliste web doit donc maîtriser une forme d’écriture technique. Il sait utiliser des mots-clés et des liens améliorant son indexation sur les moteurs de recherche. Son travail de SEO et de rédaction technique ne doit pourtant pas empiéter sur la qualité de ses contenus. Le journaliste web doit aussi attirer l’internaute, qui ne lit généralement que les titres et se concentre sur le premier paragraphe de l’article. 

Ainsi, une des missions du journaliste web est d’organiser son propos de manière à retenir le lecteur. En pratique, il va relever cette mission en utilisant la technique rédactionnelle de la pyramide inversée, soit en organisant ses informations en commençant par le plus important. Il utilise aussi la méthode des 5W : what, who, where, when et why (qui, quoi, où, quand et comment) dans le but d’informer tout en proposant un contenu facile à comprendre. 

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Journaliste web : garantir l’information viable en ligne 

Dans le contexte actuel de la « crise des médias », les informations en ligne circulent très vite et en quantités colossales. Le public éprouve des difficultés à s’y retrouver et il est complexe de trier la véritable information d’une publication quelconque. Le risque et les conséquences désastreuses des fake news ont été portés à la connaissance de l’opinion publique lors d’importantes élections démocratiques. 

Dans ce contexte, le journaliste web endosse une mission capitale en vue de faire d’Internet une place d’échanges de qualité et le relais d’une information viable et véridique. Il met ses compétences d’expert au service des rédactions en ligne et contribue à rechercher des sujets, collecter des informations et suivre des enquêtes de fond. Il peut aussi assister à la sélection des contenus visuels ou des liens publiés dans ses articles ou sur le site de sa rédaction. 

Il est donc important qu’une nouvelle génération de journalistes se forme aux spécificités des rédactions web en vue qu’Internet bénéficie du travail de professionnels aguerris au même titre que la presse écrite. Les jeunes journalistes web doivent aussi savoir manipuler les réseaux sociaux en vue de déceler les éventuels fake news et trolls, mais aussi pour assurer la visibilité en ligne de leurs écrits. En bénéficiant d’une communauté d’abonnés actifs et dynamiques, le journaliste web assure une bonne audience à son journal tout en faisant la promotion de contenus véridiques. 

Les étudiants de la formation journalisme de l’ISFJ apprennent tout de l’importance des missions du journaliste web. Grâce à de nombreux stages en immersion et à la pédagogie pratique de l’établissement, ils savent les endosser avec succès dès l’obtention de leur diplôme. 

Un journaliste web expérimenté qui travaille pour une grande rédaction ou en tant qu’indépendant peut obtenir une rétribution dépassant les 50 000 euros annuels bruts.

Quelles sont les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse ?

Actualité publiée le 8 juin 2023

Dans le contexte actuel, on note une recrudescence des menaces contre la liberté de la presse. Elles peuvent prendre la forme de violence contre les journalistes, de harcèlement juridique, de désinformation et même de censure. Zoom sur les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse et sur les solutions pour lutter contre elles. 

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Menaces contre les journalistes : une atteinte à la liberté de la presse 

Les journalistes du monde entier sont de plus en plus régulièrement menacés ou font l’objet de violences physiques et psychologiques. On peut prendre l’exemple du journaliste Peter De Vries qui a été victime d’une attaque grave après avoir interviewé un témoin de l’accusation dans une affaire mettant en scène un chef d’un gang de trafiquants de cocaïne. Le journaliste a succombé à ses blessures moins de dix jours après que sa voiture ait été criblée de balles dans un parking. 

Cet exemple illustre le fait que de nombreux journalistes et reporters risquent leur vie à travers le monde en vue de proposer une véritable information. Selon l’Unesco, en 2020, on dénombre 62 journalistes tués uniquement pour avoir exercé leur métier et mis en lumière la vérité. Par ailleurs, les violences physiques envers les journalistes ont aussi lieu lors des manifestations. Ces altercations et agressions sont la conséquence du phénomène de média bashing considérablement relayé par les réseaux sociaux. 

Face au nombre de violences accrues vis-à-vis des journalistes professionnels, l’Unesco propose aux États membres un plan permettant de mettre en place des mécanismes de prévention, de protection et de poursuites. 

Les violences et les abus faits aux journalistes professionnels et qui pèsent directement sur la liberté de la presse visent majoritairement les femmes. Partout dans le monde, les journalistes sont exposés aux menaces, aux abus, aux enlèvements et même à la torture. Les femmes font partie des plus ciblées. 

Une nette majorité de femmes journalistes professionnelles déclarent faire l’objet de menaces, d’intimidations ou d’insultes en ligne. Ces propos ont pour but de les rabaisser, de les humilier, de susciter la peur et donc le silence. Le discrédit professionnel fait également partie des abus dont elles sont régulièrement les victimes. 

 

Pourquoi lutter contre les menaces à la liberté de la presse ? 

La liberté de la presse est attaquée dans tous les pays du monde, qu’il s’agisse des régimes démocratiques, autoritaires, des pays modernes ou en voie de développement. L’Unesco, grâce à son plan préventif, travaille auprès des États membres en vue de diminuer le nombre de menaces directes envers les journalistes. 

Il est aussi important que les juges et les procureurs de la république soient formés pour défendre la liberté de la presse. En effet, et bien malheureusement, dans les cas d’agression de journalistes, les auteurs ne sont ni retrouvés ni poursuivis. Les professionnels de la justice peuvent agir en alertant dans le cas d’un journaliste faisant l’objet de nombreux procès pour diffamation ou ayant porté plainte plusieurs fois. 

Ils peuvent également effectuer des contrôles en surveillant le nombre de messages de haine ou d’insulte que reçoivent les journalistes sur Facebook ou les autres réseaux sociaux. Enfin, le système de justice peut mettre en place des procédures pénales plus rapides et efficaces en cas d’attaque de journalistes. L’Unesco forme de nombreux fonctionnaires judiciaires via des ateliers sur le droit de la presse et des journalistes et propose de suivre des webinars en ligne. 

Pour lutter contre ses menaces faites à la presse et à sa liberté, on peut promouvoir des canaux de diffusion et des médias reconnus comme viables, professionnels et alternatifs. Il est possible de favoriser les radios communautaires et de mettre en lumière des blogs ou des journaux digitaux reconnus pour leur travail. 

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Censure et menace à la liberté de la presse 

La censure est aussi une forme de menace à la liberté de la presse qui est très régulièrement pratiquée, notamment sous les régimes autoritaires. Dans ces contextes politiques liberticides, les journalistes sont contraints à divulguer une information biaisée, si ce n’est erroné et à véhiculer une image positive du système. Les contrevenants risquent la torture, la prison à vie, voire la peine de mort en fonction du pays dans lequel ils travaillent. 

L’autocensure est une nouvelle forme de menace qui pèse considérablement sur la liberté de la presse dans tous les pays du monde. La privatisation, l’entrée en bourse et le besoin d’investissement financier des grandes rédactions historiques présente un risque pour la liberté des journalistes. Lorsqu’un journal est majoritairement détenu par un entrepreneur privé, il est très important que sa rédaction mette en place une ligne éditoriale à laquelle elle se tient sans orienter ses propos. 

 

Pourquoi lutter contre les menaces qui sont faites à la liberté de la presse ? 

La liberté d’expression et la liberté de la presse sont des droits fondamentaux qui permettent la libre circulation des idées. Ces principes offrent au public de mieux comprendre le monde qui l’entoure et garantissent le progrès humain. 

Notons que l’être humain perçoit le monde et interagit avec lui en fonction des informations qu’il a à sa disposition et qui lui permettent de décrypter son environnement. C’est donc pour cette raison que la liberté de la presse est cruciale pour permettre aux personnes d’obtenir une vision globale, variée et véridique de l’actualité ainsi que de l’information. 

Les menaces à la liberté de la presse impactent directement la démocratie et favorisent la désinformation et la censure. Les journalistes professionnels apprennent à faire face au phénomène de désinformation, notamment sur des questions de santé liée aux pandémies mondiales et au réchauffement climatique. 

L’ISFJ est consciente de l’importance de la liberté de la presse ainsi que des menaces qui pèsent sur elle actuellement. Elle sensibilise ses étudiants à l’importance de ses droits fondamentaux ainsi qu’à des comportements préventifs et alertes.  

La journée mondiale de la liberté de la presse (le 3 mai) a été l’occasion pour l’ONU de mettre en lumière les menaces que subissent les professionnels et de promouvoir des solutions pratiques et efficaces.

ISFJ : trouvez une formation hors Parcoursup

Actualité publiée le 5 juin 2023

Les écoles d’enseignement supérieur ont rendu leurs premières réponses ce 1er juin au soir. Certains étudiants sont sur liste d’attente, d’autres reçoivent des propositions d’admission. Côté ISFJ, les périodes de recrutement battent leur plein. 

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ISFJ : une école hors Parcoursup 

Imaginez: vous êtes étudiant post-bac (ou presque), vous avez une idée bien précise des études que vous voulez faire pour la suite mais vous ne trouvezpas qui vous corresponde sur ParcoursupUn grand nombre d’établissements, ne se trouvent pas sur cette plateforme.

Ces établissements suivent alors un processus d’admission et un calendrier propre à chaque école. De ce fait, pour certaines écoles comme l’ISFJ (La Grande École du Journalisme en Alternance), les dossiers de candidature sont acceptés (sous réserve qu’il reste des places de disponibles) jusqu’au tout début de l’année scolaire pour laquelle ils sont envoyés.

Comme beaucoup d’autres écoles en dehors de la plateforme Parcoursup, l’ISFJ demande également aux candidats de passer un concours d’entrée pour évaluer les compétences mais également la passion des candidats pour le journalisme.

Pour découvrir l’école, ce n’est pas Parcoursup qui se charge de rédiger une présentation. Il faudra cette fois-ci se rendre directement sur le site web, assister aux Journées Portes Ouvertes ou aux Portes Ouvertes Digitales. 

Comment accéder aux formations ISFJ ? 

Pour être bien préparé le jour-J, petit focus sur les candidatures ISFJ : comment ça se passe, les éléments à fournir, le concours… 

  1. La candidature 

Rien de plus simple, il vous suffit de vous rendre directement sur notre site web en cliquant ici. Vous pourrez renseigner la formation désirée et sélectionner votre date de concours. 

  1. Constituer son dossier 

En plus du concours, il vous faudra également fournir un dossier qui contient : une lettre de motivation, une pièce d’identité, les bulletins des deux dernières années, les derniers diplômes obtenus, et un CV.  

  1. Tests et entretiens, aka le concours d’entrée 

Il se constitue de plusieurs épreuves dont :

  • Un test en ligne sous forme de QCM (vocabulaire journalistique, analyse critique, culture générale et anglais)
  • Un entretien de motivation à l’oral (environ 20 à 30 minutes)
  • Écriture d’un article sur une actualité de moins de 24h
  • Débriefing en distanciel de cet article (30 minutes) 

Les résultats vous sont communiqués sous les 10 jours qui suivent sur votre boîte mail.

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Récap : le Bachelor 

Le Bachelor de l’ISFJ prépare de futurs journalistes professionnels et plurimédias. Ils sont aptes à couvrir toute l’actualité, des sujets de fond à l’actu dite “chaude” (des sujets en direct). Leurs intervenants sont des professionnels en activité, qui leur enseignent les réalités du terrain et d’une rédaction à l’heure actuelle. Réalités qu’ils découvrent également au cours de leur alternance, qui débute dès la deuxième année.

La première année s’axe sur les fondamentaux du journalisme : presse écrite quotidienne, rédaction web, journalisme mobile (MOJO), présentation TV et radio.

La seconde année appelle à la progression, les formats audiovisuels et écrits sont plus longs et encore plus anglés.

Troisième année, c’est l’heure de confirmer ses acquis théoriques et pratiques. Au programme : enquêtes, reportages d’investigation et production complète (de la conception à l’écriture et jusqu’à la mise en page) d’un magazine type presse mais aussi TV. 

Récap : le Mastère 

Grâce au Mastère, l’ISFJ forme des journalistes de haut niveau, spécialisés dans leurs domaines de prédilection. Les étudiants ont deux ans pour maîtriser toutes les techniques éditoriales (qu’elles soient écrites ou audiovisuelles). Ils savent enquêter et diffuser des sujets courts, des enquêtes d’investigation et même les formats magazines.

Dès la première année de Mastère, les étudiants peuvent choisir une spécialisation : le sport ou les informations générales (qui en 5e année se divise entre les options investigation ou culture/mode/people). Ces deux ans de formation se déroule également en alternance, ce qui permet non seulement de perfectionner son carnet d’adresses et ses contacts mais aussi de décrocher – avant même leur diplôme – la tant convoitée carte de presse, outil indispensable des journalistes. 

Remise des diplômes 2023 : spoiler, le parrain de promotion vient de TF1

Actualité publiée le 1 juin 2023

Ça y est. La promotion 2021 – 2022 de l’ISFJ est officiellement diplômée. De tous nouveaux jeunes journalistes s’apprêtent à faire leurs débuts dans le monde passionnant des médias. TV, radio, presse écrite, presse web : d’ici peu les anciens de l’ISFJ seront partout ou presque. Lors du gala, pour leur remettre ces précieux diplômes, un parrain. Tout droit venu de la direction des antennes thématique de TF1. 

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Focus sur le gala de remise des diplômes 

Chaque remise des diplômes est spéciale à l’ISFJ. Et, pour chaque évènement spécial : un lieu spécifiquement choisi pour applaudir. Applaudirles efforts des anciens étudiants, féliciter les jeunes diplômés,saluer leurs projets et louer leurs futurs éclats dans la profession. Cette année, pour la remise des diplômes de la promotion 2021 – 2022, place au Grand Rex.

Lieu emblématique du 2ème arrondissement de Paris, le Grand Rex n’est pas qu’un cinéma. Théâtre de spectacles et de concerts, de studios, temple de la musique, et plus récemment hôted’un mystérieux escapegame : cette année, le Grand Rex accueille aussi les tous nouveauxdiplômés de l’ISFJ.

Immense écran de projection, mur noir pointillé de petites lumières blanches : l’ambiance est à la célébration. Au milieu des toges brodées au logo de l’école, des écharpes bleues et des chapeaux carrés, les sourires s’épanouissent. Le discours du directeurMonsieur Ludovic Place, de longs applaudissements et les montées sur scène rythment le gala.

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Des majors de promotions 

C’est également un incontournable des remises des diplômes ISFJ : le discours des majors de promotion. Margot Duchesne (majore des Mastères ISFJ) et Lisa Bonte (majore des Bachelors ISFJ) prennent le micro pour quelques mots plein d’émotion et de bons souvenirs. Aperçu d’une partiedu discours de Lisa Bonte, qui revient tout juste de Montréal :

“Félicitations à nous tous pour ce super diplôme, je suis vraiment ravie pour nous, d’avoir réussi, grandi et appris tant de choses. Nous pouvons être fiers de tout ce que nous avons accompli. Je ne doute pas que nous nous souviendrons de ces quelques années à parfois arpenter les rues, désespérés, sans sujet, recalés et dont les plans B, C, D, E, F, G ont échouer. Pas facile de trouver des gens à interviewer et à filmer. On n’aime pas les journalistes, on nous le dit toujours, et ça arrive souvent nous répondent nos professeurs. Donc pas toujours simple. Et en parlant de professeurs, je tiens surtout à remercier les journalistes qui nous ont transmis leur passion et leur métier, particulièrement M.Chlous. Merci de nous avoir partagé votre savoir-faire, vos astuces, et vos galères. C’est fou comme vous avez pu nous donner envie de devenir journaliste. C’est aussi fou comme parfois vous nous avez donné envie de devenir tout sauf journaliste. Mais nous sommes là, têtus et conquis alors merci. Nous avons appris plein de choses et avons la chance d’aspirer à faire un job qui va nous apprendre encore plein de choses. […] Quelle ouverture, quelle aventure, quel plaisir. Et surtout, quelle envie de continuer.” 

Le parrain de promotion : Christophe Sommet 

Que serait une remise des diplômes sans le soutien d’un parrain de promotion ? Cette année, les anciens Bachelors et Mastères de l’ISFJ sont parrainés par Christophe Sommet ! Lui aussi a droit au traditionnel discours de remise des diplômes. Quelques mots de félicitations et beaucoup de conseils pour la suite. Des conseils adressés aux 31 diplômés du Bachelor et aux 50 diplômés du Mastère Journalisme.

Lui-même diplômé de l’ESCP, Christophe Sommet débute sa carrière dans les domaines de la finance et des conseils. Très vite, en 2001, il intègre le groupe Bouygues en la qualité de responsable des études stratégiques Médias et Télécoms. En 2004, il migre vers TF1 comme Secrétaire Général du pôle Découverte. En 2018, il prend son dernier poste en date : Directeur du pôle Thématiques de TF1. Enfin, pas tout à fait : aux yeux des étudiants de l’ISFJ, son dernier poste en date, c’est celui de parrain de la promotion 2021 – 2022. 

Un mot du parrain 

“Je suis très honoré, très heureux d’être devant vous pour ce moment important de votre vie. […] Déjà, je vous adresse toutes mes félicitations, parce que vous le méritez. Ça marque la fin de votre parcours, assez challengeant, vous avez tous rencontré quelques épreuves qui vous ont marqués et vous pouvez être fiers aujourd’hui d’être là. Prenez le temps de savourer, c’est important. Je me rappelle, il y a quelques années de ça, j’étais comme vous et ma remise des diplômes s’est passée tellement vite. Donc profitez de ce moment important, gardez tout ça en mémoire, célébrez avec vos potes ce moment riche. Bravo également à l’équipe professorale. Je pense que c’est toujours important un professionnalisme qui vous donne ce bagage et qui va vous accompagner toute votre carrière. Une boîte à outils polyvalente, formidable parce que la vie ne va pas être simple. Il y a du monde sur le chemin, il va falloir que vous fassiez votre différence et tout ce que vous avez engranger comme compétences et expériences jusqu’à présent vont vous servir. L’exercice du parrain veut que je vous donne quelques conseils. Qui est lié à mon âge, avancé par rapport à vous, mais aussi à mes 20 ans d’expérience au sein du groupe TF1. […] 

Les 5 conseils de Christophe Sommet : 

  1. Osez oser : se fixer des objectifs ambitieux et se donner le moyen de les atteindre. 

  1. Soyez curieux : de tout et de tous, le monde est un terrain de jeu passionnant. 

  1. Soyez exigeant avec vous-même : soyez exemplaires et ambitieux. 

  1. Sachez évoluer : ne prenez rien pour acquis, soyez pro-actifs et ouverts. 

  1. Amusez-vous : vous vous destiner à évoluer dans un univers exaltant, rappelez-vous toujours que vous avez la chance d’évoluer dans cet univers. 

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En masterclass à l’ISFJ 

Noncontent d’assurer “seulement” le rôle de parrain pour la promotion de l’année dernière, Christophe Sommet était également présent il y a peu dans les locaux rue de Vaugirard, dans le 15e arrondissement de Paris. La raison ? Il animait une Masterclass en compagnie de sa collaboratrice : Sophie Catalifaud.

C’est la grande nouveauté de cette année. Projet depuis longtemps en cours de développement, l’année 2023 accueille désormais tous les mois un invité reconnu dans le domaine du journalisme : Christophe Sommet donc, mais aussi Antoine Guillot (critique et producteur sur France Culture), Raphaël Garrigos (directeur de la rédaction chez Les Jours), Marc Choquet (journaliste et responsable cinéma chez Chérie FM), et Véronique Auger (présidente de l’association des journalistes européens).

Conseils, anecdotes de carrière, moment questions – réponses, et prise de contact avec des journalistes en formation, qui – peut-être un jour – pourraient bien faire partie de leurs collègues : c’est l’essence même des masterclass ISFJ.

Tout savoir sur les techniques d’enquête

Actualité publiée le 25 mai 2023

Même si l’enquête peut prendre plusieurs formes, elle reste le regroupement de plusieurs méthodes d’investigation visant à trouver la vérité sur un sujet, une personnalité ou un fait marquant d’actualité. Quelles sont les diverses techniques d’enquêtes utilisées par les journalistes professionnels ? 

 

Visuel - technique d'enquête

 

L’enquête journalistique : un procédé technique 

Quelle que soit la méthode d’investigation sélectionnée par le journaliste, l’enquête journalistique consiste en un processus lent visant à produire et à formuler une information viable, véridique et vérifiée. 

L’enquête journalistique, ainsi que ses techniques, diffère du reportage en ce que son objectif n’est pas de relater ce qui est vu, entendu ou ressenti, mais d’informer objectivement sur un fait précis. Elle doit donc utiliser un maximum de sources variées, adopter divers points de vue et mettre en lumière des choses délibérément cachées. 

L’enquête journalistique constitue un droit pour les professionnels de l’information, garanti et protégé par la Charte de Munich. Elle requiert une grande rigueur technique et une éthique morale en vue de produire un contenu neutre et solidement ancré dans la réalité. 

 

Les points préalables pour déterminer son enquête 

Lorsqu’il se lance dans une enquête journalistique, le professionnel doit en premier lieu souscrire à des étapes préliminaires, lui permettant d’encadrer son investigation et garantissant un fond de qualité : 

– Il détermine son sujet, sa thématique ou sa problématique.

– Il commence son enquête par un travail d’historien, revoit les sources et reprend l’événement qu’il traite.

– Il se crée un plan d’enquête (qui peut ensuite évoluer) en vue de ne négliger aucune piste. 

 

Zoom sur quatre supports techniques de l’enquête journalistique 

Les professionnels élaborent leur enquête en se basant sur des sources, des supports ou en interrogeant des personnes. 

 

Technique d’enquête journalistique n°1 : l’entretien 

Il consiste à proposer à un individu détenteur d’une information un espace de parole afin de prendre note de ses propos. Filmé ou écrit, l’entretien permet d’extraire ces données tout en assurant l’intégrité physique et morale de la personne. Il offre de récolter une information unique et spécifique à une personne ou un groupe de personnes. Il vise à comprendre le sujet qui fait l’objet d’une enquête plutôt qu’à mesurer la portée d’un événement, par exemple. 

Lorsque l’entretien n’est pas programmé et qu’il s’apparente à du démarchage à domicile (ou porte-à-porte), le journaliste doit savoir « vendre » son interview et donner envie d’y participer. Il ne peut pas obtenir d’information de manière indirecte et, s’il le fait, il ne devra à aucun moment citer sa source ou utiliser le présent déclaratif. 

L’entretien est une technique d’enquête très complexe qui requiert de s’appuyer sur une expérience solide sur le terrain. Certaines sources peuvent se voir confrontées à une vérité qui les dérange, surtout si elles sont mises en porte-à-faux et peuvent donc adopter un comportement agressif. Il faut aussi savoir choisir le bon positionnement et les justes mots en vue d’obtenir des informations ou plutôt de rassurer un individu dans une position difficile. 

 

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Technique d’enquête journalistique n°2 : l’observation 

Les bons reporters ou les journalistes professionnels peuvent utiliser la technique d’enquête qui consiste à observer les faits. Dans un positionnement passif, ils étudient leur sujet, voire participent aux actions que mène le groupe sujet de leur enquête. Attention, l’observation est une technique qui requiert de s’organiser : déterminer ses objectifs, bien penser sa place d’observateur, se créer une grille d’observation, etc. 

Il faut aussi être en mesure de déterminer en direct quelle est l’information porteuse de sens à conserver dans le cadre de son enquête pour produire un contenu journalistique viable et intéressant. Attention à bien conserver une posture extérieure et objective en adoptant la technique de l’observation. Trop entrer en contact avec le groupe sujet de son enquête ou créer des liens peut impacter sa neutralité et rendre infructueuse la phase d’observation. 

 

Technique d’enquête journalistique n°3 : l’analyse de documents 

Les sources que constituent les écrits professionnels, scientifiques ou journalistiques font partie intégrante des enquêtes. Il s’agit d’effectuer une sélection technique, de connaître les grands noms du secteur et de savoir où les trouver. 

Cette technique d’enquête requiert notamment de déposer des demandes officielles d’accès aux documents auprès des administrations. Les journalistes professionnels savent que tous les pays ne répondent pas aux mêmes normes légales en ce qui concerne l’accès aux documents. Ils adaptent donc leurs requêtes et leurs techniques en fonction des gouvernements qui détiennent l’information qui les intéresse. Ils peuvent également faire jouer leur réseau et demander à un autre journaliste de leur connaissance d’accéder aux documents ou d’effectuer une interview pour eux. 

Désormais, l’analyse des sources écrites s’effectue aussi en ligne : les blogs tenus par les autres journalistes, les réseaux sociaux et les posts des personnes sur lesquels on enquête, etc. Les enquêteurs utilisent aussi les outils numériques quotidiens, comme Google Maps. Dans ce cas de figure, ils utilisent l’application en agrandissant au maximum la zone qui concerne leur investigation. Ils ont alors accès aux noms des magasins, des enseignes ou des restaurants à proximité et peuvent se rendre directement sur place pour interroger le personnel. 

L’application est aussi très utilisée pour géolocaliser les événements dignes d’intérêt. Dans Google Maps, avec un clic droit sur un emplacement, on peut copier la latitude et la longitude qui s’affichent. En cliquant sur l’option « What’sHere » puis en doublant sa recherche sur TweetDeck, on restreint ses investigations à un périmètre précis pour obtenir tous les tweets ou toutes les images sur les réseaux sociaux à propos de cet endroit. 

Sur internet, les journalistes d’investigation savent utiliser Google et tirer parti de la puissance du moteur de recherche. Par exemple, ils utilisent la technique des guillemets, qui permet d’indiquer au moteur de recherche qu’ils veulent des résultats centrés sur un mot-clé. Par exemple, en indiquant « Site », ils restreignent leur recherche à un lieu particulier (« Site : UK », « Site : FR », etc). Cette technique leur offre de gagner un temps colossal et d’être plus rapides dans leur recherche et dans leur vérification des sources. 

 

Technique d’enquête journalistique n°4 : le questionnaire 

Les journalistes peuvent utiliser la technique du questionnaire. Ce document, qui comprend plusieurs demandes, est pensé pour le plus grand nombre et doit être complété en un temps très court. Son élaboration est donc très technique et ne s’accorde pas avec tous les types d’enquêtes. Il est possible de faire parvenir son questionnaire au plus grand nombre d’individus par la poste et de retravailler chacune des réponses. 

Les étudiants au parcours Journalisme de l’ISFJ bénéficient de cinq ans d’études en alternance, leur permettant de découvrir puis de maîtriser toutes les techniques d’enquête professionnelle. 

Les techniques d’enquêtes les plus performantes sont celles qui mêlent judicieusement la présence sur le terrain et l’utilisation des outils numériques.

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